CRAZY BLOG SALOON

Ce matin, un très long commentaire avec plein de questions mérite qu'on s'arrête dessus. Merci Gum ! Je rêvais d'amener ce sujet...Gum, tu m'en donnes l'occasion !

Surtout prenez une chaise et un café....ou un thé.... ou ce que vous voulez, d'ailleurs !

Bon, avant tout,  je vous invite à aller voir une partie de l'univers de BRODAGUM CLIC.... dite aussi GUM.... une bloggeuse avec qui des liens se sont tissées depuis presque....attendez je compte.... ah ba ça fait déjà plus de deux ans, on dirait bien !

Bon maintenant revenons sur le commentaire de Brodagum.  Je vais y répondre assez longuement en direct sur la chaine du Crazy Blog Saloon puisque nous voguons ici au fil de l'autre.........................



Commentaire/Question de GUM :
 J'ai une question: as-tu vu des personnnes jeunes parmi les dentellières chevronnées? Le sujet a t-il été abordé? La relève est-elle assurée? J'avais posé la question à une dentelière nantaise. Le problème dont elle m'a parlé, c'est que des jeunes s'y intéressaient, commençaient à apprendre, mais perdaient souvent patience, car l'entrainement est long et il faut déjà développer une grande dextérité, voire "des doigts musclés" pour arriver à maintenir la pièce et les fuseaux correctement. Cela prend donc beaucoup de temps et demande une grand pugnacité. Tu commences jeune et tu n'es "pro" que beaucoup d'années plus tard. Ce qui arrivait aussi, si elles ne perdaient pas patience, c'est que les apprenties arrêtaient les cours au moment de leur premier bébé, car le temps disponible venait à manquer. Avec la vie que nous menons aujourd'hui, les femmes doivent aussi travailler à plein temps, en majorité. Il devient difficile d'apprendre et de progresser dans de tels secteurs en  parallèle. Les groupes de femmes se réunissant dans les villages se font rares. Et la majorité des "bien loties" que je connais pensent plus à faire du shopping que de se mettre à la dentelle ou à la broderie sur soie ou sur velour... J'ai peur que le jour où les gens se réveilleront (s'ils se réveillent un jour), toutes ces précieuses connaissances techniques soient perdues à jamais...
C'est un patrimoine culturel extrèmement précieux (comme beaucoup d'autres méthodes artisanales, qui se perdent au fil du temps).


Et maintenant, je prends la parole !

Et bien oui,  je peux vous dire que les rencontres que j'ai faites à Cabourg m'ont prouvé que OUI la relève se met en place ! Mais je vous sens sceptique alors je vais développer ma réponse....vous montrer que quand j'affirme quelque chose c'est le fruit de quelques observations....

Evidemment, je vais vous parler de vocations...de passionnées, de personnes hors du commun....

Tout d'abord, je peux vous citer une jeune dentellière de Bayeux. En 1980 (non non je ne me trompe pas), j'ai vu, de mes yeux vu, les débuts d'un petit groupe de femmes intriguées par de très jolies dentelles trouvées dans des greniers. A cette époque, elles étaient un peu considérées comme des "illuminées", n'ayant pas les pieds sur terre. Les modèles/patrons de ces dentelles  appelés cartons avaient été détruits. Comme de petites fourmies, elles ont oeuvré. Or, dans ce groupe, une petite fille était là, intéressée, intriguée. Et bien cette petite fille a maintenant 30 ans. Elle contribue à la transmission du patrimoine. Elle a acquis un grand savoir faire qu'elle enseigne..... Elle vit de sa passion... Elle enseigne la dentelle au sein d'une association Au fil de l'Aure (vous pensez bien que j'ai repéré ce nom !). Un petit CLIC et vous découvrirez un univers de rêve devenu réalité.

Maintenant je vous présente Nadège Luffrans, que j'ai rencontrée aussi à Cabourg. Sa ville a rendu hommage à la ténacité avec laquelle elle suivi ses cours du soir pour obtenir son diplome de dentellière. Voici une partie de l'article qui lui a été dédié. C'est l'histoire d'une vocation :

Pendant trois ans, Nadège Luffrans
a appris la dentelle aux fuseaux par correspondance
avec le centre d’enseignement du Puy-en-Velay. « Depuis
toute petite je suis attirée par le linge ancien, je collectionnais les
dentelles ».

Nadège passe son bac, suit des études de psychologie puis de diététique.
La dentelle reste son jardin secret jusqu’au jour où un
reportage sur la dentelle d’Argentan lui fait découvrir que le métier
de dentellière existe toujours. Elle postule d’abord pour une formation
à Argentan mais la maison de la dentelle ferme, puis à Alençon
mais elle a passé l’âge d’admission. C’est finalement au Puy-en-
Velay, spécialiste de la dentelle aux fuseaux, qu’elle a trouvé sa formation
et son bonheur. « Le maniement du bois, le bruit des
fuseaux, les fils qui s’entrelacent, c’est plus magique que l’aiguille.»
Chaque jour Nadège Luffrans se met à son carreau pour faire
ses gammes de dentelle, étudier les formes de croisement des fils,
les motifs de base: « il faut s’imposer un rythme, mais une fois
dedans, c’est l’immersion totale. Plus c’est fin, plus c’est minutieux,
j’adore ». Elle envoie ses travaux qui reviennent corrigés de fils rouges,
«cela indique une erreur dans le croisement des fils » expliquet-
elle. « La dentelle nécessite logique et dextérité », précise une
formatrice du Puy-en-Velay où deux cents élèves du monde entier
suivent les cours qui comportent aussi l’histoire de l’art, l’histoire
de la dentelle, ses différents motifs et ses techniques, le dessin
pour pouvoir créer ses propres motifs.
En contrat d’insertion, avec juste le RMI, Nadège Luffrans a les pieds
sur terre pour mieux garder la tête à son rêve: « j’ai commencé
pour voir si j’étais capable, et je me suis renseignée sur les débouchés.
Maintenant toutes mes finances sont mobilisées sur mon
objectif. Mais je n’ai vraiment pas à me plaindre, si je peux vivre de
ma passion, le reste ne me manque pas ». La mairie lui a accordé
une allocation pour l’aider à finir sa formation. « Ça m’a vraiment
aidée, souffle Nadège, ils ont cru en mon projet alors que tout le
monde me conseillait de ne pas le faire.» L’an prochain, elle tentera
son CAP, « j’aimerais travailler pour le Mobilier National, à la restauration
d’anciennes dentelles ou à leur reproduction. Sinon il y a
encore un marché pour la dentelle à la main, avec les grandes maisons
de linge ou avec le tourisme ».

Voilà...faites donc une recherche sur Google "Nadège Luffrans"...vous aurez la suite...évidemment a eu son CAP.... sont ravail est magnifique !


Reprenons les questions de Gum :

Tiens, en parlant de techniques, j'ai aussi entendu dire qu'il fallait utiliser une crème spéciale pour broder avec du fil de soie, afin d'éviter qu'elle ne s'effiloche. As-tu une idée de ce que c'est? Une abonnée vient de me faire cadeau de superbes échevettes et je les regarde comme une ânesse qui aurait découvert un ordinateur
.

Alors là je n'y connais rien mais j'ai vu des marchands de crème pour les mains à Cabourg..Alors si certaines ou certains ont des réponses, n'hésitez pas à le faire dans la petite zone "commentaires".


Je tiens à préciser que le nombre de commentaires (bien qu'ils me fassent évidemment bien plaisir quand il y en a) ne m'inquiète pas car vous êtes de plus en plus nombreux à venir ici...c'est donc que les sujets vous intéressent. C'est suffisant pour que je continue à alimenter ce blog

A bientôt.





Jeu 4 jun 2009 11 commentaires
bonjour

tes articles sont toujours trés interessants donc nous serons toujours trés intéressées !
la preuve encore une fois ........la dentelle !
magnifique !
on ne lachera pas comme ça !
@bientôt
sandy - le 04/06/2009 à 13h12
est ce que tu as vue de la broderie ou dentelle CONTEMPORAINE? lors de ton expo, car je pense que 'avenir de certains métiers passe par les expos contemporaine  qu en penses tu? en plus de la consecrvation du classique
florence+PACAUD++artiste+textile - le 04/06/2009 à 14h16
Bonjour Florence, Excuse moi de ne pas avoir répondu à ta question plus rapidement. Oui j'ai vu de la broderie contemporaine. Je crois que j'ai quelques photos pour en parler dans un prochain article. A très bientôt
Mariezanne

ah!super!!!j attends avec impatience   car c'est diffiicle à trouver des artistes contemporaine en BRODERIE en quilt contemporain  , il va falloir que je me lance beaucoup plus dans le contemporain   merci pour ta reponse

florence+PACAUD++artiste+textile - le 04/06/2009 à 14h43
Oui marie Suzanne; il y a des " jeunes qui reprennent le flambeau,Il suffit de voir les personnes "relativement jeunes" qui fréquentent les salons comme l'aiguille en fête; etc.... mais , car il y a un mais, souvent les stages de broderies ou autres sont très chers, ou loin du lieu de résidence, la matière première est aussi chère,alors pour y arriver il faut "vraiment" avoir un virus tenace.Pour la dentelle au fuseau, j'avoue très humblement que je déclare  forfait, il suffit de voir le sac d'embrouilles que je fais avec les fuseaux.Que voulez vous mesdames, chacun  trouve sa place dans son art et c'est là le principal. Amicalement et bravo à toutes les super brodeuses et les autres.
christiane - le 04/06/2009 à 15h35
je n'ai pas toujours le temps de laisser un commentaire mais je reviens plus tard relire l'article . je suis ravie de voir que la releve existe et surtout en des temps ou la conscience de protection de notre univers se reveille .
C'est nous le public , l'acheteur qui pouvons aussi changer et choisir un article vivant fait avec amour et savoir-faire plutot que pas cher , peu durable . j'ai des dentelles faites par ma grandmere et je veille sur elles .
une amie m'a dit cette phrase:exister est un fait , vivre c'est un art . Cette jeune femme par sa tenacite et son art developpe l'art de vivre, elle vit .
un grand merci pour ce partage
amicalement
michele
michele+picard - le 05/06/2009 à 03h33

Je suis comme toi, pas trop inquiète.
Il y a 20 ans, on ne trouvait plus aucun journal avec des modèles de broderie, alors les livres, n'en parlons pas, et la dentelle ? nada !
Puis les revues et livres de broderie en tous genres ont fleuri partout .... mais 0 livre de dentelle en français.

Et maintenant, on trouve des livres de dentelle en français dans n'importe quelle librairie, des groupes de dentellières un peu partout, et la moyenne d'âge n'est pas aussi élevée qu'on le pense dans ces groupes, il y a des jeunes, peut être pas une majorité, mais de plus en plus !

Donc le relais se fait, le savoir ne se perd pas, au contraire, il s'enrichit avec les échanges avec les dentellières d'autres pays lors des couviges .

Bref, tout ce long blabla pour dire que j'y crois un max !  

Meriem - le 05/06/2009 à 20h58
c'est formidable de savoir qu'il y a de la relève chez les dentellières!
car beaucoup de métiers anciens disparaissent...
Mariezanne,non pas dans l'aéronautique..mais 34 ans à la SNCF!
mais je suis fascinée par le spatial....à Kourou,on est servi!
bisous de Cayenne.
Annick - le 06/06/2009 à 03h54
je n'ai pas envie de faire de la dentelle, parce que je ne saurai mais comme j'aime regarder le travil des dentellières. C'est magnifique de finesse. j'ai vu une expo de dentelles modernes à Nruges, c'"tazit très beau aussi ... après le 15 juin, je reprends mon sac...
monique+bluesy - le 06/06/2009 à 20h07
Hi!Hi!Hi! A nous deux, on a fabriqué une belle grande dentelle de mots, en tout cas!

Merci beaucoup, encore une fois pour ton lien vers chez moi!
Pour la crème, le mystère reste entier. j'ai cherché sur le net et absolument rien trouvé. Sur ce, je retourne dans le fond de ma grotte, à où j'ai passé le WE sans l'ombre d'un blog. Et cette fois, j'y retourne pour dormir: Les mamans viennent de partir et elles ont tellement la frite qu'on en est tout raplapla!

Gros bisous, Zanette!
gum - le 07/06/2009 à 20h27
Hi!Hi!Hi! A nous deux, on a fabriqué une belle grande dentelle de mots, en tout cas!

Merci beaucoup, encore une fois pour ton lien vers chez moi!
Pour la crème, le mystère reste entier. j'ai cherché sur le net et absolument rien trouvé. Sur ce, je retourne dans le fond de ma grotte, à où j'ai passé le WE sans l'ombre d'un blog. Et cette fois, j'y retourne pour dormir: Les mamans viennent de partir et elles ont tellement la frite qu'on en est tout raplapla!

Gros bisous, Zanette!
gum - le 07/06/2009 à 20h28