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13 mars 2006 1 13 /03 /mars /2006 11:00
 
Françoise Dolto (1908-1988)
Pédiatre et psychanalyste, elle participa avec Lacan à la création de l'école Freudienne de Paris.
Un des principaux apports de Françoise Dolto fut de reconnaître l'enfant, dès son plus jeune âge, comme sujet de lui-même, dans le droit-fil de la psychanalyse qui considère le patient comme le sujet de ses désirs inconscients. "Notre rôle de psychanalyste, disait-elle, n'est pas de désirer quelque chose pour quelqu'un mais d'être celui grâce auquel il peut advenir à son désir."
Pour Françoise Dolto, l'être humain est un être de langage, avant même qu'il ne sache parler. Dans le ventre de sa mère, chez le fœtus, la fonction symbolique est déjà à l'œuvre. Cette certitude lui permit d'écouter et d'entendre ce qui "fait sens" par le corps du bébé.
Françoise Dolto décrit le développement de l'enfant comme une suite de "castrations": ombilicale avec la naissance, orale avec le sevrage, anale avec la marche et l'apprentissage de la propreté. Chaque fois, l'enfant doit se séparer d'un monde pour s'ouvrir à un nouveau monde. Chacune de ces castrations est une sorte d'épreuve dont l'enfant sort grandi et humanisé. La responsabilité des parents est de l'aider à les franchir avec succès.
LES CINQ CLES DE LA PENSEE DE FRANÇOISE DOLTO :
1 ) L’enfant est une personne !
Très jeune, Françoise Dolto avait promis : « Quand je serai grande, je tâcherai de me souvenir de comment c’est, quand on est petit » !
Ainsi, n’oubliera t-elle jamais que le nouveau-né aspire d’abord à communiquer et que ses désirs, indépendants de ceux de l’adulte, sont aussi respectables.
Une approche psychanalytique se traduisant par une confiance totale envers les sujets de ses cures, qu’elle cherchera à « suivre », persuadée que chaque enfant est doté d’un savoir, même confus ou ignoré, le guidant sur son chemin : « fou », « débile », qu’importe, dès lors qu’il trouve un équilibre. Mais ce respect d’un choix de vie est surtout une éthique, pour laquelle Françoise Dolto a milité avec ferveur et vigueur, faisant parfois scandale, dans une société habituée à considérer que l’enfant n’a de valeur que par ce qu’il peut devenir, pourvu qu’il soit assez « sage » et suive sa vocation : satisfaire ses parents !
2) Tout est langage :
A la différence de l’animal, chez l’être humain tout « veut dire quelque chose ». Les gestes les plus absurdes ont un sens, font partie d’un langage symbolique à travers lequel se tisse ce que Françoise Dolto appelle « la fraternité d’espèce ».
Parler, s’exprimer, permet de marquer sa différence vis-à-vis d’un autre (avant tout de sa mère), pour mieux partager avec lui des émotions, des souvenirs, des idées.
3 ) Le « parler vrai » :
Selon Françoise Dolto, il faut non seulement parler « avec » l’enfant, mais « à » l’enfant. Surtout, lui « parler vrai ».
On ne peut pas mentir à l’inconscient, il connaît toujours la vérité » insistait la psychanalyste.
4 ) Le complexe du homard :
Françoise Dolto a inventé cette image pour représenter la crise d’adolescence. L’enfant se défait de sa carapace, soudain étroite, pour en acquérir une autre. Entre les deux, il est vulnérable, agressif ou replié sur lui-même. Mais « ce qui va apparaître est le produit de ce qui a été semé chez l’enfant », avertit la psychanalyste. Les parents devraient donc voir les crises explosives comme preuve qu’ils ont rempli leur contrat, les repères éducatifs s’avérant suffisamment souples pour « sauter » au bon moment.
A l’inverse, si les parents sont trop rigides, l’ado restera prisonnier de sa carapace et désarmé face à la dépression.
5 ) L’image inconsciente du corps :
Il s’agit là du concept de l’œuvre de Dolto théoricienne.
La psychanalyste est partie du concret, en l’occurrence des dessins des enfants qu’elle recevait. Elle a réalisé que ces dessins représentaient en fait leur propre corps, un corps parfois aberrant, fantastique, en un mot imaginaire, figurant leurs désirs, leurs manques, leurs rapports avec les autres.
Le corps imaginaire est notre premier moyen d’expression, un langage symbolique, toujours mystérieux.
A son grand étonnement, elle découvrit qu'une parole adressée à un nourrisson qui ne parle pas encore peut avoir des effets thérapeutiques. C'est pourquoi elle a toujours proposé aux parents de parler à l'enfant de tout ce qui le concerne, de "parler vrai", dès sa naissance. Car le pire pour un être humain est ce qui reste privé de sens : ce qui n'est pas passé dans le langage.
 

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